NOM DU SUSPECT : CARRÉ, Gaston
Reconnu COUPABLE du délit : Retour à Jajouka*
* Paru le 18 octobre 2012

Crédit photo : ©Marc Wilwert
Gaston Carré est né le 17 mars 1955 à Sarrebourg, en France. Etudes de psychologie à l’Université Louis Pasteur, Strasbourg. Après trois années d’enseignement de la philosophie en France, il s’établit au Luxembourg en 1983, où il renoue avec la psychologie au service du département marketing de la Ferrero S.A.
En 1989, tournant professionnel : Gaston Carré décide de se consacrer au journalisme. Il dirige actuellement le service culturel du «Luxemburger Wort», principal quotidien d’informations générales au Grand-Duché, où il est lauréat de plusieurs prix littéraires. Il apporte à ce journal sa passion pour le rock, à la fois comme pratique musicale et comme phénomène socio-culturel.
Bibliographie:
«Killing Fields, ou les champs de l’obscène», un travail journalistique sur la guerre du Kosovo (éditions Phi)
«Un accord en souffrance», roman sur l’un des fils de Jean-Sébastien Bach (éditions Mémor)
«Figures de la névrose ordinaire», un recueil de satires sociologiques (éditions Saint-Paul)
«Guy Michels, un homme et son oeuvre», monographie d’artiste (éditions Imprimerie Centrale)
Interrogatoire
- Ta profession
- Journaliste (psychologue dans une vie antérieure)
- Où vis-tu?
- Au (Grand-Duché du) Luxembourg
- Ton lieu de vie influence-t-il ce que tu écris?
- Non. Entre Luxembourg et Jajouka, aucun rapport
- Une librairie favorite?
- Toutes celles où soufflent l’esprit et l’odeur des livres
- Ton tout premier souvenir d’écriture?
- J’avais 9 ou 10 ans. Je lisais « David Copperfield » et j’introduisais dans un carnet à spirales les termes que je ne connaissais pas
- Une influence déterminante (parent, prof, ami, auteur…)?
- Non, aucune influence dans mon entourage proche. J’ignore si cela aura été une lacune ou un facteur de liberté.
- Un livre que tu relis régulièrement?
- Deux en fait: « Fragments d’un discours amoureux » de Roland Barthes et « Les mots et les choses » de Michel Foucault.
- Ton polar préféré?
- « Requiem pour un poulet » par Jean-Claude Sacerdot (éd. Saint-Paul)
- Le grand classique que tout le monde a lu et que tu as honte de n’avoir jamais lu…
- Le « Faust » de Goethe
- Quand écris-tu?
- Tard le soir
- Comment ?
- Au stylo, sur papier avant transfert sur ordinateur. Ecriture laborieuse, avec nombreux repentirs, jamais d’un seul et unique jet. J’usine longuement la phrase, et en ceci réside mon plaisir.
- Sur quel fond sonore?
- Ce pourraient être les Variations Goldberg, comme ce fut le cas pour Foucault rédigeant « Les mots et les choses ». Mais je ne puis à la fois écouter de la musique et être à l’écoute de mes phrases, d’où écriture dans le silence.
- Un texte caché (inavouable) dans tes tiroirs?
- Non. Tout écrit dont je ne serais pas heureux ne parviendrait pas même jusqu’à mes tiroirs.
- Un roman en cours?
- Oui
- Un(e) auteur que tu aimerais (aurais aimé) rencontrer?
- Barthes. Pour l’entendre me poser la question qu’il posa à Fabrice Luchini: « Quels rapports entretenez-vous avec le téléphone? »
- Ta plus grande satisfaction / joie d’écrivain?
- La publication, par L’écailler, de mes « Pipeaux de Jajouka »*.
* titre initial du texte, devenu Retour à Jajouka.
- À qui as-tu offert en premier, le premier livre que tu as publié?
- À ma maman, bien-sûr.




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